
Dans un contexte international marqué par une aggravation des turbulences et des incertitudes, alors que la guerre à Gaza se prolonge et que les hostilités entre Israël, les États-Unis et l’Iran ont repris, les appels de la communauté internationale à la paix et à la stabilité se font de plus en plus pressants. C’est dans ce contexte que le Président chinois Xi Jinping, lors de son entretien avec le Président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, a formulé quatre propositions visant à promouvoir une sécurité commune au Moyen-Orient.
Premièrement, stimuler la dynamique endogène de la sécurité commune dans la région. Il convient de faire en sorte que les peuples du Moyen-Orient soient maîtres de leur propre destin, de s’opposer aux ingérences des forces extérieures, de soutenir les pays de la région dans le renforcement du dialogue sur la paix et la sécurité, d’explorer la refonte de l’architecture régionale de sécurité et de permettre aux peuples de la région de maîtriser eux-mêmes leur avenir et leur destin. Historiquement, le Moyen-Orient a connu à plusieurs reprises des tentatives de reconstruction de l’ordre régional sous l’impulsion de puissances extérieures. Celles-ci ont souvent débouché sur de nouvelles turbulences en raison du peu d’attention accordé aux aspirations réelles des pays de la région et à leur rôle central. Une sécurité véritablement durable doit reposer sur le consensus et les actions des pays de la région eux-mêmes et respecter le droit des peuples du Moyen-Orient à décider de leur propre avenir.
Deuxièmement, promouvoir une gouvernance globale de la sécurité commune dans la région. Le Moyen-Orient est confronté à de nombreux foyers de tension, qui sont étroitement liés les uns aux autres. Il convient donc de rechercher des solutions globales. La question palestinienne demeure au cœur de la question du Moyen-Orient et ne doit, à aucun moment, être ignorée ni marginalisée. L’approche fondée sur une gouvernance globale nous appelle à dépasser les limites d’une gestion fragmentaire des crises, à identifier les causes profondes en adoptant une vision d’ensemble et à rechercher des solutions à travers une approche systémique. Placer la question palestinienne au cœur de cette démarche constitue également une exigence fondamentale en matière d’équité et de justice au Moyen-Orient : sans règlement juste de la question palestinienne, il ne saurait y avoir de paix durable dans la région.
Troisièmement, consolider les fondements du développement pour garantir la sécurité commune dans la région. À terme, la stabilité et la paix durables au Moyen-Orient reposent fondamentalement sur le développement. La Chine est prête à œuvrer avec les pays de la région pour préserver la sécurité des voies maritimes internationales, approfondir la coopération en matière de développement, favoriser l’intégration des intérêts des pays de la région, renforcer progressivement la confiance mutuelle et éliminer les conditions propices à l’émergence des conflits. La Chine est depuis toujours un participant actif et un contributeur au développement du Moyen-Orient. La mise en œuvre approfondie de l’Initiative « la Ceinture et la Route » dans la région constitue précisément une illustration concrète de l’approche consistant à promouvoir la sécurité par le développement.
Quatrièmement, renforcer la coopération internationale en faveur de la sécurité commune dans la région. La Charte des Nations Unies et le droit international constituent les principes fondamentaux devant guider le traitement des affaires du Moyen-Orient. La communauté internationale, en particulier les grandes puissances extérieures à la région, doit renoncer aux deux poids, deux mesures, respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des pays de la région et préserver la sécurité et la stabilité régionales. Il convient de soutenir l’Organisation des Nations Unies afin qu’elle joue effectivement son rôle dans les affaires régionales. La sécurité du Moyen-Orient ne concerne pas seulement les pays de la région ; elle touche également à la stabilité stratégique mondiale et à l’équité de l’ordre international. Une véritable coopération internationale doit s’appuyer sur les Nations Unies comme plateforme centrale, sur le droit international comme référence commune et sur l’équité et la justice comme principes fondamentaux.
Sous la direction de la pensée de Xi Jinping sur la diplomatie chinoise, la Chine ne cesse d’explorer des solutions aux questions sensibles et aux crises régionales qui soient adaptées aux réalités et aux caractéristiques chinoises : placer le respect mutuel au premier plan, en accordant une importance particulière au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des pays concernés et au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures ; privilégier le règlement politique comme voie à suivre, en mettant l’accent sur le dialogue et la concertation afin de rechercher le plus grand dénominateur commun permettant de prendre en compte les préoccupations légitimes de toutes les parties ; prendre l’objectivité et l’impartialité comme principes, en distinguant clairement le juste de l’injuste, en refusant les deux poids, deux mesures et en ne s’engageant pas dans les jeux géopolitiques ; viser à traiter à la fois les problèmes immédiats et leurs causes profondes, en adoptant des mesures globales pour résoudre les différends, tout en s’attachant à apaiser les tensions actuelles et à éliminer les causes profondes des conflits. Aussi complexes que soient les contradictions et aussi violents que soient les conflits, la Chine restera toujours fermement du côté de la paix, du côté du dialogue et du côté de ce qui est historiquement juste.
Alors que les transformations inédites depuis un siècle s’accélèrent, la construction d’une nouvelle architecture de sécurité au Moyen-Orient ne pourra se faire en un jour. La Chine est toutefois prête à travailler avec la communauté internationale, y compris la Mauritanie, en s’inspirant de ces quatre propositions, afin d’avancer pas à pas vers un Moyen-Orient plus pacifique, plus stable et plus prospère.

