
Des sources sécuritaires ont indiqué que les investigations menées à la suite du communiqué diffusé le 4 avril 2026 par l’Office de Radiodiffusion et Télévision du Mali (ORTM), évoquant l’interception d’un convoi logistique présumé destiné à des groupes armés, ont mis en évidence des incohérences majeures, confirmant que la thèse d’un “convoi terroriste” ne repose sur aucun élément probant.
Selon ces sources, les informations relayées faisaient état de la saisie de deux camions en provenance de Mauritanie, transportant respectivement des motos et des barils de carburant, dans les zones de Bintagougou, Lerneb et Rasselma (région de Tombouctou), appuyées par la diffusion de vidéos présentées comme preuves.
Toutefois, les résultats de l’enquête, fondée sur des documents vérifiables, des témoignages directs et une reconstitution précise de la chronologie, établissent une version différente des faits. Le premier camion transportait une cargaison commerciale ordinaire, chargée le 31 mars 2026 à Bassiknou, composée d’une centaine de motos destinées à des commerçants maliens identifiés, pour livraison à Tenhénéda. Immatriculé au Mali et appartenant à un opérateur économique local, le véhicule a été intercepté en cours de trajet sans qu’aucun élément ne démontre un lien avec une activité illicite.
Concernant le second camion, présenté comme transportant du carburant, les sources précisent qu’il avait quitté la Mauritanie le 6 mars 2026 avec des marchandises licites à destination de Gao. Il a été intercepté le 3 avril à l’est de Zouéra, alors qu’il était totalement vide et en phase de retour, contredisant ainsi les allégations diffusées.
Les sources sécuritaires soulignent également que l’analyse des vidéos rendues publiques révèle des incohérences notables, notamment l’absence de continuité entre les séquences et la juxtaposition de deux véhicules sans lien opérationnel. La présence supposée de barils de carburant dans l’un des camions ne correspond pas aux constats établis lors de l’interception.
Au terme de ces investigations, les sources concluent que les deux camions relevaient d’activités commerciales distinctes, sans aucun lien entre eux ni avec des réseaux armés, estimant que la présentation des faits a été faite de manière trompeuse.
Elles insistent sur la nécessité de traiter l’information avec rigueur, en particulier sur les questions sécuritaires sensibles, tout en soulignant l’importance de préserver les relations de confiance et de bon voisinage entre les États.
L’ORTM avait diffusé un reportage illustrant l’interception supposée de ces camions, en les présentant comme liés à un convoi logistique destiné à des groupes armés.

