
L’appel lancé par la Russie en faveur d’une coopération entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la Confédération des États du Sahel (AES) remet au centre du débat une question devenue sensible dans l’espace ouest-africain : la possibilité d’une coordination minimale entre deux ensembles aujourd’hui divisés, mais confrontés aux mêmes menaces sécuritaires.
Pour Moscou, l’absence d’échanges structurés entre ces acteurs fragilise la lutte contre l’insécurité, dans une zone où les frontières restent poreuses et les défis communs.
La position russe a été exprimée lors d’échanges tenus en marge de la Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique organisée au Caire rapporte APANews. À cette occasion, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a rencontré le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray.
Le message transmis se veut direct : face à la persistance des attaques armées, à la circulation des groupes terroristes et à l’instabilité dans les zones frontalières, un minimum de dialogue entre la Cédéao et l’AES apparaît nécessaire.
Selon les autorités russes, la priorité doit être donnée à des échanges pratiques, orientés vers des réponses concrètes aux menaces sécuritaires.
Moscou insiste notamment sur l’identification d’actions communes ou complémentaires pour limiter la progression de l’insécurité dans l’espace sahélo-saharien, sans entrer dans des considérations institutionnelles jugées secondaires au regard de l’urgence sécuritaire.

